southern shores interview

On s’est ému deux étés de suite des Southern Shores, de Grande Comore et de leur EP ‘Atlantic’. On ne retrouvera peut-être pas dans les réponses individuelles de Ben et Jamie toute l’imagination d’une musique qui croise Air France, Claude François et Shep Pettibone, mais leur patience et leur tendresse ne font jamais défaut.
Quel souvenir gardez-vous du lycée?
Jamie : J’étais un adolescent normal. A fond dans le skateboard et le Wu-Tang.
Ben : Je me souviens de mon faible niveau à la guitare et d’un ensemble de références musicales très pauvre. De mes complexes pour parler aux filles, aussi. Des amis proches que j’ai gardé depuis. Du bon temps que j’y ai passé.
Aujourd’hui, vous avez besoin de quoi pour créer un morceau ?
J : D’une certaine capacité à générer des idées. De beaucoup de temps ensuite pour leur donner jour. Et d’un support assez décent pour les enregistrer.
B : D’une étincelle, d’une idée, même si elle n’a pas encore les formes. Ou alors de plusieurs accidents successifs. De beaucoup de patience et de persévérance, quand chaque frisson t’appelle à continuer. Et j’ai besoin de Jamie, sans qui je serais absolument perdu.
Où faites-vous vos découvertes musicales ?
B : Je ne peux pas vraiment aller les faire dans la collection de mes parents qui, par un coup du sort étrange, s’est interrompue au début des 80’s. Mais mes amis me suggèrent beaucoup de belles choses, sans évoquer l’internet que je considère presque au même titre.
J : Internet, et mes amis les plus curieux, comme Ben. : )
Halifax paraît un peu isolé sur la carte du monde. Si on vous laissait voyager n’importe où, vous iriez où en premier ?
J : Sans aucune hésitation, je ferais une réservation sur Virgin Galactic.
B : En ce moment il y a le Portugal qui m’appelle, mais c’est l’Inde qui occupe tout l’espace dans ma tête. La Thaïlande aussi (mais un peu moins). En fait, je crois que je prendrais le premier vol pour l’Australie et reviendrais vers le Canada par l’autre sens.
Justement, vous êtes à l’aise avec le monde d’aujourd’hui ?
B : En ce moment, je me sens entouré de personnes convaincues du fait que le monde court à sa perte, avec des idées très originales sur la façon dont la planète va exploser et prendre feu. Moi, je pense qu’on y arrivera. Je pense qu’on s’en sortira très bien même. On pourrait y entendre un vœu pieu, mais justement, je pense qu’en dépit du tableau sinistre, il restera toujours de belles choses à voir et d’endroits à explorer, pour ceux qui auront l’envie. Et je ne vois pas de raison pour l’abandonner comme ça.
J : J’essaie de rester optimiste. Je pense qu’on a tous par défaut un sentiment très aigu des problèmes et de l’injustice. Le reste tient beaucoup à l’éveil et l’empathie des générations futures, mais je suis confiant.
Cascine nous a gentiment laissé entendre leur vent marocain porter sable et coquillages jusqu’à Hambourg (quelque part entre Four Tet et Lawrence). Les mots d’amour, c’est par ici.
Southern Shores - Tangier Winds (Shells Remix)
Labels: interview, shells, southern shores, tangier winds
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